Rue Jean Gouly

Né en 1798 d'un père pilote lamaneur décédé en mer en 1815, il entra comme petit clerc à l'étude du notaire royannais Achille Pelletan qui fut maire de Royan de 1808 à 1810. À 17 ans, il décida de s'engager dans la « Marine de l'Etat ». Le 17 juin, il quitta la rade de l'Ile d'Aix, à bord de la frégate La Méduse, à destination de Saint-Louis du Sénégal. Le 2 juillet, en raison de l'incompétence du commandant du navire, la Méduse s'échoua sur le banc d'Arguin, sur la côte de la Mauritanie. Les tentatives de renflouement échouèrent. Au bout de deux jours, la tempête se leva et l'évacuation fut décidée. Elle se déroula dans un désordre indescriptible, en l'absence de commandement efficace et en raison du nombre insuffisant d'embarcations de sauvetage, en état de prendre la mer. Jean Gouly prit place dans un canot mais plus de 150 marins et soldats s'entassèrent sur un radeau de fortune construit par l'équipage et eurent le sort que l'on connaît. Le canot où se trouvait Jean Gouly atteignit les côtes du Sénégal. Le Royannais prit la tête de la « caravane des naufragés », tous fort éprouvés, jusqu'à Saint-Louis où elle parvint enfin le 23 juillet. Hospitalisé à Saint-Louis puis à Brest, Jean Gouly décida de quitter la marine et revint à Royan. Héros oublié, il participa encore au sauvetage, en 1824, de l'équipage de la chaloupe de commerce La Suzanne, échouée sur les rochers de Vallières. A cette date, il s'était établi comme « marchand graisseux » c'est à dire qu'il tenait commerce de gréements pour navires : cordages, voiles .et aussi graisse, goudrons. Il attendit 23 ans la place promise d'inspecteur des phares et balises qui ne lui fut octroyée qu'en 1939. Mais son poste fut supprimé cinq ans plus tard. Il créa alors un commerce de marchand de vins, qu'il développa avec son gendre à l'enseigne de « Jules Loyer Jeune ». Il se retira des affaires en 1860 et décéda, rue Grande, le 8 octobre 1881, âgé de 82 ans. La rue qui porte son nom est l'ancienne rue des chantiers qui menait aux chantiers navals. Source Michel Lapujade. voir aussi la force du rêve…