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lundi, 18 avril 2016 16:36

Le Baron Albert Blanc (1835-1904)

Georges Evrard "l'oncle Georges" a été jardinier fleuriste au château du baron au Chaney du 1er février 1901 jusqu'au 20 juillet 1913

Juriste de formation, il lutte contre l'Annexion car il est convaincu des avantages économiques de l'appartenance à l'Italie et pour lui, le destin de la Savoie est inséparable de celui de sa dynastie. Il entame auprès de Cavour puis dans différents pays une exceptionnelle carrière diplomatique qui le conduira à Madrid, Bruxelles, Washington, Munich puis Constantinople. Il manifestera à plusieurs reprises à l'égard de la France une acrimonie sans doute liée aux événements de 1860. Certains documents laissent penser qu'il a dissuadé Victor Emmanuel II d'intervenir pour aider Napoléon III en 1870. Il est d'ailleurs en 1882 l'un des principaux auteurs de la Triple alliance anti-française. Il siège ensuite au Sénat avant d'être ministre des Affaires étrangères de Crispi de 1893 à 1896.

Sa vie et celle de ses descendants est représentative de celle de beaucoup d'optants de 1860 par trois aspects.

D'abord il n'a donc pas satisfait le voeu exprimé par Victor Emmanuel II le 1er avril 1860 : « Faites que votre réunion à la France soit un lien de plus entre deux nations dont la mission est de travailler de concert au développement de la civilisation ». Les optants ont été avant tout des Italiens, des défenseurs zélés de leur nouvelle patrie, la réciproque étant vraie côté français surtout à partir de la montée des tensions entre les deux pays à partir de 1875.

Ensuite son fils Jean-Albert professeur à l'Université de Rome, a été un des grands dignitaires du régime fasciste. Un nombre important de descendants des optants a soutenu le fascisme dans l'espoir d'un retour de la Savoie à l'Italie. Plusieurs vont aussi s'investir dans la vie politique du Val d'Aoste considéré comme « le dernier morceau savoyard du royaume d'Italie ».

Enfin, il est resté jusqu'au bout attaché à Chambéry où il possédait un château, édifié au Chaney par l'architecte Victor Charmot, après son mariage avec la très riche héritière cubaine Natalia Terry. Y sont nés son fils ainé et son petit-fils, archéologue réputé, qui a donné son nom à plusieurs musées de Toscane.

A l'occasion d'un récent travail sur les suites du bombardement de 1944, j'ai pu découvrir à quel point la haine envers cette famille, dont la branche aînée était proche du régime de Mussolini mais la branche cadette anti-fasciste, était exacerbée pendant et après la seconde guerre mondiale. A tel point qu'il ne restait plus qu'un lopin de terre autour du château en 1955, le reste des propriétés ayant été acheté ou confisqué par la Ville. Le château avait d'ailleurs été « loué » pour accueillir l'école de musique.

L'actuel, et dernier, Baron Blanc a fui non seulement le fascisme pendant son enfance mais aussi par la suite Fidel Castro puisqu'il s'était réfugié dans sa propriété familiale cubaine. Il vit depuis à Miami. Polyglotte (il parle couramment l'italien, sa nationalité d'origine, l'anglais, l'espagnol, le français et l'allemand) et, très attaché à ses racines, il vient régulièrement en Europe.

 

 


 
 
 
Publié dans Georges Evrard